mercredi 8 juillet 10:10 - 11:00
K Center (35 places)

Doublement diplômé en chimie et en informatique, je travaille aujourd'hui chez Olea Medical, filiale de Canon Medical Systems — un fabricant de modalités d'imagerie médicale : IRM, scanners, échographes. Des machines où les ondelettes ne sont jamais très loin. Mais c'est par un tout autre chemin que j'en suis arrivé là. En redécouvrant les procédés photographiques pré-argentiques — cyanotype, Van Dyke — les mains dans les bains de ferricyanure, j'ai retrouvé des questions étonnamment modernes : comment un signal lumineux devient-il une image ? Comment distinguer le détail du bruit ? C'est exactement là qu'interviennent les ondelettes. Nées dans les années 80, elles décomposent un signal à plusieurs échelles — comme si l'on observait une image d'abord de très loin, puis de plus en plus près. Et le parallèle avec l'histoire de la photographie est saisissant : les procédés pré-argentiques, avec leur rendu doux et leurs grandes masses, ressemblent aux niveaux profonds d'une décomposition de Haar — un filtre passe-bas naturel. L'argentique et son grain introduisent le détail. Le numérique, lui, capture tout le signal à pleine résolution. Remonter les niveaux de Haar, c'est remonter l'histoire de l'image. Ce talk n'est pas une conférence de mathématiques. C'est un voyage à travers trois ères de l'image — pré-argentique, argentique et numérique — en passant par la chimie, l'intuition derrière la décomposition multi-résolution, et quelques formules chimiques à ne pas fuir. On abordera aussi l'usage concret de ces technologies en imagerie médicale — DICOM, JPEG 2000, reconstruction d'images — et les contraintes réglementaires qui encadrent le traitement d'images dans un dispositif médical. Le fil rouge : ce lien surprenant qui relie un bain de cyanotype à un algorithme de reconstruction d'image médicale.